Le lexique du repreneur
Tous les termes utilisés dans votre Diag, expliqués comme un expert le ferait à voix haute : ce que ça mesure, et pourquoi ça compte quand on achète une entreprise à crédit.
L'entreprise en 6 chiffres
Chiffre d'affaires
Le total des ventes de l'exercice, hors taxes. Il mesure la taille de l'activité, pas sa rentabilité : une entreprise peut vendre beaucoup et perdre de l'argent.
EBE, excédent brut d'exploitation
Ce que le métier dégage sur un an, avant amortissements, intérêts et impôt. C'est le chiffre central d'une reprise : il sert de base à la valorisation et remboursera votre emprunt.
Résultat net
Ce qui reste tout en bas du compte de résultat, une fois toutes les charges, les intérêts et l'impôt payés. Le bénéfice, ou la perte, de l'exercice.
Trésorerie nette
L'argent disponible en caisse et en banque au jour de clôture, moins les découverts. Une photo à un instant donné, pas une moyenne de l'année.
Dettes bancaires
Les emprunts restant dus aux banques. À distinguer des dettes fournisseurs et fiscales, qui relèvent du cycle normal d'exploitation.
Capitaux propres
Ce que l'entreprise possède en propre une fois toutes ses dettes payées : le capital de départ plus les bénéfices accumulés et laissés dedans. Le matelas.
Les ratios de rentabilité
Taux de marge d'EBE
L'EBE rapporté au chiffre d'affaires : sur 100 € vendus, ce qui reste une fois les charges d'exploitation courantes payées.
C'est l'un des trois seuls ratios publiés par secteur par l'INPI/BCE : votre Diag le compare à la médiane réelle de votre secteur.
Rentabilité courante
Le résultat courant avant impôt rapporté au CA. Elle intègre les frais financiers, donc donne une image plus complète que l'EBE seul : une entreprise très endettée peut avoir un bon EBE et une rentabilité courante médiocre.
Taux de CAF
La capacité d'autofinancement rapportée au CA : le flux de trésorerie potentiel généré par l'activité, après impôt mais avant investissements. C'est l'enveloppe qui remboursera votre crédit d'acquisition.
Les ratios de solidité
Autonomie financière
La part des capitaux propres dans le total du bilan. Plus elle est haute, moins l'entreprise dépend de ses créanciers, et plus elle encaisse les coups durs.
Capacité de remboursement
La dette bancaire divisée par la CAF annuelle : combien d'années de cash-flow il faudrait pour rembourser la dette existante. Au-delà de 4 ans, les banques froncent les sourcils.
Matelas de trésorerie
La trésorerie nette exprimée en jours de chiffre d'affaires : le nombre de jours d'activité que la caisse peut couvrir. Sous 15 jours, le moindre imprévu se paie comptant.
Couverture du BFR
Le fonds de roulement rapporté au besoin en fonds de roulement. Au-dessus de 1, le cycle d'exploitation est financé par des ressources stables et non par le découvert.
Les ratios de trajectoire
Évolution du CA
La pente du chiffre d'affaires sur les exercices fournis, corrigée de l'inflation : une croissance nominale de 2 % quand l'inflation est à 2 %, c'est une stagnation en volume réel.
Dynamique de la marge
L'évolution du taux de marge d'EBE d'un exercice à l'autre. Elle dit si l'entreprise gagne en efficacité ou en perd, indépendamment du niveau de ses ventes.
Dynamique bilancielle
L'évolution conjointe des capitaux propres, de la dette financière nette et du BFR : la santé du bilan en mouvement. Un bilan peut être sain sur la photo et se dégrader sur le film.
Les ratios de qualité de l'actif
Vétusté de l'outil
La part de l'outil de production déjà amortie comptablement. Vers 90 %, le matériel est en fin de vie théorique : le plan de réinvestissement fait partie de votre prix d'achat réel.
Poids du fonds commercial
La valeur du fonds commercial rapportée au total de l'actif : la part de ce que vous achetez qui repose sur la clientèle et la notoriété, dont la valeur dépend de leur fidélité après la cession.
Crédit clients (DSO)
Le délai moyen de paiement des clients, en jours de CA. Plus il s'allonge, plus l'entreprise finance ses clients avec sa propre trésorerie.
Ratio publié par secteur par l'INPI/BCE : comparé à la médiane réelle de votre secteur.
Rotation des stocks
Le stock exprimé en jours de chiffre d'affaires. Un stock qui gonfle pendant que les ventes baissent immobilise du cash, ou dort en rayonnage.
Ratio publié par secteur par l'INPI/BCE : comparé à la médiane réelle de votre secteur.
CAF, capacité d'autofinancement
Le cash réellement généré par l'exercice, une fois tout payé sauf les remboursements d'emprunt. C'est elle, et non le résultat net, qui rembourse la dette de reprise.
Médiane sectorielle
La valeur qui coupe la cohorte en deux : la moitié des entreprises comparables fait mieux, l'autre moitié fait moins bien. Plus robuste qu'une moyenne, qu'un seul cas extrême suffit à fausser.
Les médianes affichées viennent des comptes réellement publiés, collectés par l'INPI et la Banque de France.
Signaux d'atypie
Des règles de détection d'anomalies de structure : compte courant d'associé qui apparaît soudainement, concours bancaires permanents, écritures inhabituelles. Chaque signal appelle une question au cédant, pas un verdict.
Les termes du deal
DFN, dette financière nette
Les dettes bancaires et comptes courants, moins la trésorerie. Négative, elle signifie que l'entreprise a plus de caisse que de dettes.
BFR, besoin en fonds de roulement
L'argent immobilisé en permanence par le cycle d'exploitation : stocks et créances clients, moins les dettes fournisseurs et fiscales. Il se rachète avec l'entreprise, et il se finance.
Multiple d'EBE
La méthode de valorisation la plus courante en transmission de PME : l'EBE de référence multiplié par un coefficient sectoriel, généralement entre 3 et 6, moins la dette nette.
Plancher patrimonial
Ce que vaut l'entreprise par ce qu'elle possède : les capitaux propres corrigés des décotes sur les actifs incertains. C'est le prix en dessous duquel le vendeur brade ses murs.
DSCR
La CAF divisée par l'annuité d'emprunt. À 1, le remboursement passe tout juste, sans aucune marge. Les banques exigent en général 1,3 : un tiers de sécurité.
Crédit vendeur
Une partie du prix payée au cédant en plusieurs années plutôt qu'au closing. Au-delà du financement, c'est un signal : un cédant qui l'accepte croit en la suite de son entreprise.